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samedi 5 septembre 2026

« Ce que les romans passent sous silence » de Ludivine Auneau

 


Babelio 

Une simple lettre égarée peut suffire à faire basculer plusieurs vies…

Avec beaucoup de sensibilité, Ludivine Auneau imagine une histoire où les rêves nourris par les romans se confrontent peu à peu à la réalité. J'ai pris plaisir à suivre Rosalie et les autres personnages, à partager leurs espoirs, leurs hésitations et leurs désillusions, en me demandant jusqu'où cette correspondance les mènerait. Un roman délicat, porté par une intrigue originale, qui se lit avec beaucoup de plaisir. 

4e de couverture :

 

Rosalie, une trentenaire rêveuse, aspire à vivre une existence aussi passionnée que dans les romans qu'elle lit assidûment depuis nombre d'années. Mais à force de s'accrocher à ses idéaux romanesques, rien ni personne ne semble être à la hauteur de ses espérances. Pourtant sa vie bascule le jour où elle reçoit une lettre qui ne lui était initialement pas destinée. Elle endosse alors l'identité de la vraie destinataire et entame une correspondance avec l'expéditeur inconnu. Ce qu'elle avait envisagé comme un jeu épistolaire devient soudain une intrigue incontrôlable.

De son petit village ligérien à Damgan, Rosalie se retrouve piégée dans un triangle amoureux saupoudré de mensonges dont elle n'arrive plus à s'extirper.

jeudi 21 mai 2026

« Les cœurs sont faits pour être brisés » de Tatiana de Rosnay

 


Aux éditions Albin Michel

Un roman qui m’a emportée sans que je sache vraiment pourquoi… et c’est peut-être là sa force. À travers Audrey et le manuscrit laissé par Marlo, Tatiana de Rosnay tisse un jeu de miroirs entre passé et présent, entre réalité et fiction. Peu à peu, les fils se mêlent autour d’un amour ancien, de jalousies et de vérités incertaines. J’ai été touchée par cette atmosphère, par cette manière de laisser planer le doute, sans jamais tout dévoiler. On avance, intrigué, parfois troublé, toujours curieux de comprendre.

Un roman délicat et envoûtant, sur le pouvoir trouble des histoires que l’on se raconte. 

4e de couverture :

 

Un matin, l’annonce de la mort prématurée de Marlo von Graf fait le tour du monde. La célèbre romancière lègue son dernier manuscrit à Audrey, une ancienne rivale, aujourd’hui libraire. Ce texte, qui retrace l’histoire d’un triangle amoureux, confronte soudain Audrey à son premier amour. C’était il y a trente ans…

De Londres aux rives du lac d’Annecy en passant par le Paris d’Oscar Wilde, autour de ces deux femmes aussi opposées que la lune et le soleil, Tatiana de Rosnay tisse un suspense amoureux envoûtant sur la jalousie, la rédemption et la frontière trouble entre réalité et fiction.

Faut-il toujours croire ce que racontent les écrivains ?


Mes autres articles des livres lus de cette autrice :

. Moka

. Manderley for ever

. Son carnet rouge


mercredi 29 avril 2026

« Je suis Romane Monnier » de Delphine de Vigan

 


Aux éditions Gallimard 

Depuis le départ de sa fille Léo, Thomas trouve sa vie terne et sans relief. Jusqu’au matin où il se réveille avec un téléphone qui n’est pas le sien. Lorsqu’il parvient à joindre sa propriétaire, il récupère bien le sien, mais Romane, elle, refuse de reprendre le portable qu’elle lui a laissé.

Commence alors pour Thomas une étrange plongée dans l’existence d’une inconnue, à travers les messages, notes, photos et applications de son téléphone.

Le sujet est passionnant et soulève des questions très actuelles sur nos vies numériques, nos solitudes et nos failles. J’ai toutefois ressenti par moments une certaine répétition dans cette exploration, qui finit par créer un léger essoufflement.

Cela reste néanmoins un très bon roman, porté par une autrice que j’apprécie beaucoup. 

4e de couverture :

 « Les gens ne comprennent pas. Ils pensent que j'exagère. Mais en fait, je cherche quelque chose qui a disparu. Quelque chose de pur, de limpide… qui n'existe plus. » Qui est Romane Monnier ? D'elle, il ne reste qu'un téléphone portable. Des notes, des messages, des souvenirs, des enregistrements, autant de traces confiées à un inconnu, un samedi soir dans un bar.

Mes autres articles des livres lus de cette autrice :

. D'après une histoire vraie (2022)

. Les loyautés (2021)

. Rien ne s'oppose à la nuit (2011)

. Les heures souterraines (2029)

samedi 11 avril 2026

« Nous qui avons connu Solange » de Marie Vareille

 


Aux éditions Flammarion

Je lis Marie Vareille depuis ses débuts, et à chaque roman, c’est la même chose : je suis emportée. Elle a ce don rare de nous entraîner dans un flot d’émotions sans nous laisser le temps de résister.

Ici, elle convoque quatre générations de femmes – Marguerite, Célestine, Solange, Jeanne… jusqu’à Manon – et tisse entre elles une histoire de transmission, de secrets et de courage. La construction est impeccable : chaque personnage mène à un autre, chaque destin en éclaire un autre, et l’on tourne les pages sans pouvoir s’arrêter.

Ce que j’ai aimé par-dessus tout ? Impossible de choisir une héroïne. Je les ai toutes aimées, chacune pour ce qu’elle porte, chacune pour ce qu’elle nous révèle des autres. C’est là toute la force de ce roman : on ne quitte vraiment aucune d’elles.

Un livre addictif, construit avec finesse, qui rend un bel hommage à ces femmes qui ont ouvert la voie.

À lire absolument. 

4e de couverture :

 

"Le jour où je suis devenue une meurtrière, j'ai cessé d'aimer les mirabelles." Sarégnac, Corrèze. Célestine grandit dans la ferme familiale, bien décidée à réussir ses études pour échapper à la vie de labeur qui l'attend aux champs. Cadiran, Gironde. Solange est internée dans une école de préservation pour jeunes filles où sont envoyées des adolescentes jugées "déviantes". Quel secret lie ces deux jeunes femmes ? Pourquoi Solange déteste-t-elle tant Célestine ? Et comment cette dernière a-t-elle pu commettre l'irréparable ? De la France de nos grands-parents jusqu'à nos jours, cette intrigue poignante ménage autant de suspense que de rebondissements. À travers les destinées de quatre générations de femmes puissantes, Marie Vareille retrace l'extraordinaire évolution de notre monde depuis un siècle et nous rappelle ce que nous devons tous à la persévérance et au courage de nos aînées.

 

Mes autres articles des livres lus de cette autrice :

 

. La dernière allumette (2024)

. Les désenchantées (2022)

. Ainsi gèlent les bulles de savon (2021)

. Le syndrome du spaghetti (2020)

. La vie rêvée des chaussettes orphelines (2019)

. Là où tu iras j'irai (2018)

. Je peux très bien me passer de toi (2015)

samedi 28 mars 2026

« Mes enfants sont partis » de Julie Bonnie

 


Aux éditions Grasset

Quand ses deux enfants quittent le nid la même semaine, Julie vacille : le vide, la ménopause, l’impression que tout s’arrête. Et si c’était le début d’autre chose ? Avec une écriture alerte et sensible, l’autrice mêle confidences, fiction et réflexions sur la place des femmes après 50 ans. Elle interroge avec justesse ce que la société attend d’elles — et ce qu’elles peuvent encore attendre de la vie.

Un roman vif, touchant et plein d’humour sur un moment de bascule que vivent tant de femmes.

Un récit à la fois lucide, tendre et libérateur. 

4e de couverture :

 

Lorsque mes deux enfants m’annoncent qu’ils quittent la maison la même semaine de septembre, la folie s’empare de moi. De façon compulsive, je me mets à remplir des sacs de ce que je crois nécessaire à leur survie, je me réveille la nuit, inquiète à l’idée que mon fils pourrait ne pas avoir de paillasson… Eux sans moi, moi sans eux : cela me paraît impossible. Mais de quoi ai-je vraiment peur ? Du vide, de l’abandon, de ce mot sinistre de ménopause ?

C’est l’histoire d’un choc, d’une panique. C’est l’histoire d’une femme qui a essayé de tout concilier, envers et contre tout. Une vie d’artiste, avec ses joies et ses peines, une vie de mère. Et surtout, une vie qui ne se termine pas ici, paraît-il.

C’est mon histoire.

jeudi 12 mars 2026

« Outre mères » de Sophie Adriansen et Anjale

 


Aux éditions Vuibert

Le scandale des avortements forcés à La Réunion

Un roman graphique poignant et salutaire qui éclaire un pan méconnu de l’histoire française. Dans les années 70, à La Réunion, des milliers de femmes, comme Lucie, sont victimes d’avortements et de stérilisations forcées, sous couvert médical et avec la complicité silencieuse des autorités. En parallèle, en métropole, Marie-Anne milite pour le droit à l’avortement, dans une lutte féministe naissante. À travers ces destins croisés, Outre mères dénonce les inégalités de traitement, le mépris colonial, et interroge la notion même de consentement.

Une œuvre documentée, accessible, bouleversante, qui rappelle que le combat pour disposer de son corps reste une urgence. 

4e de couverture :

 

L'histoire vraie d'un scandale totalement oublié.

Début 1970, à La Réunion, Lucie est victime, comme des milliers d’autres femmes, d’une interruption de grossesse forcée, assortie d’une stérilisation. Sur l’île, les médecins blancs se croient tout permis, avec la complicité de la Sécurité sociale. Lucie prend son courage à deux mains et porte plainte.

Au même moment, dans l’Hexagone, Marie-Anne, élève de terminale, assiste à la naissance du Mouvement de libération des femmes (MLF) et aux premiers débats sur l’IVG. Elle a elle-même avorté clandestinement quelques mois auparavant.

Leurs destins croisés témoignent des difficultés et des paradoxes extrêmes de la lutte menée par les femmes, en France, pour disposer de leur corps.

Ce roman graphique, féministe et humaniste, revient sur une sombre page de l’histoire du droit des femmes, cinquante ans après la loi Veil sur le droit à l’avortement. Construit comme une enquête et parfaitement documenté, il rappelle à toutes et tous l’importance du devoir de mémoire.


Autre livre lu de cette autrice :

. Un arbre à soi (2025)

lundi 16 février 2026

« Nous sommes à cet âge » de Laurent Bauchet

 


Aux éditions L’Écharpe d’Iris

Dans Nous sommes à cet âge, Laurent Bauchet explore les souvenirs d’une vie, portés par une grande sensibilité.

L’enfance, la rencontre amoureuse, les étapes fondatrices d’un parcours s’y déploient avec douceur, tandis que les blessures affleurent avec pudeur.

Chaque scène du quotidien devient poésie : un regard, un geste, un souvenir suffisent à faire surgir l’émotion.

L’écriture, fluide et sincère, accompagne ce cheminement intérieur où l’intime rejoint peu à peu l’universel, nous transportant page après page.

 

4e de couverture :

 

Nous sommes à cet âge est le fruit d'un homme apaisé, en croissance. Comme un arbre en pleine sève…

Écrits sur quinze années, les poèmes nourrissent un cheminement individuel qui touche à l'universel.

À travers la vie, ses épreuves, le couple, se développe inéluctablement un rapport au temps qui passe, à la connaissance de soi, à la conscience de l'unité du vivant…

La poésie est rythmée, rimée ou libre, pour une profonde ode à la vie, dans ce qu'elle a de plus précieux !

L'auteur nous livre ensuite quelques Fantaisies poétiques pour partager le plaisir de jouer avec le fond et la forme des mots.

dimanche 1 février 2026

« La maison vide » de Laurent Mauvignier

 


Aux éditions de Minui

Un roman magistral, porté par une écriture d’une belle intensité. Dans cette maison abandonnée, l’auteur remonte le fil d’un siècle de silences, de douleurs tues, d’héritages invisibles. De guerre en guerre, de femmes effacées en figures oubliées, l’auteur redonne vie à celles et ceux dont l’histoire s’était évaporée dans les méandres du temps.

On avance dans ce texte comme dans une maison hantée de souvenirs, pièce après pièce, écoutant les murs, guettant les voix.

La maison vide est un roman habité, lent et vertigineux, une traversée intime où l’intensité affleure sans éclats.

On referme le livre bouleversé, comme à bout de souffle. 

4e de couverture :

 

En 1976, mon père a rouvert la maison qu’il avait reçue de sa mère, restée fermée pendant vingt ans.

À l’intérieur : un piano, une commode au marbre ébréché, une Légion d’honneur, des photographies sur lesquelles un visage a été découpé aux ciseaux.

Une maison peuplée de récits, où se croisent deux guerres mondiales, la vie rurale de la première moitié du vingtième siècle, mais aussi Marguerite, ma grand-mère, sa mère Marie-Ernestine, la mère de celle-ci, et tous les hommes qui ont gravité autour d’elles.

Toutes et tous ont marqué la maison et ont été progressivement effacés. J’ai tenté de les ramener à la lumière pour comprendre ce qui a pu être leur histoire, et son ombre portée sur la nôtre.

mardi 27 janvier 2026

« Villa Gloria » de Serena Giuliano

 


Aux éditions Robert Laffon

Bienvenue dans les Pouilles, à Villa Gloria, maison d’hôtes pleine de charme où se croisent, le temps d’une semaine, des vacanciers cabossés par la vie. Sous le regard bienveillant d’Iris et de sa mère fantasque, chacun va peu à peu se dévoiler, se délester, se réparer. Avec délicatesse et légèreté, Serena Giuliano nous offre une parenthèse lumineuse, chaleureuse, parfumée d’Italie. Derrière les sourires et les plats savoureux se cachent blessures, silences, retrouvailles…

Un roman comme une bouffée d’air, à la fois tendre, drôle et profondément humain. 

4e de couverture :

 

Bienvenue dans les Pouilles, à Villa Gloria.

Une maison d'hôtes pas comme les autres.

À Villa Gloria, Iris et sa mère, qui a donné son nom à sa maison, veillent à ce que chaque client se sente comme chez lui. En cette semaine d'avril, les nouveaux venus promettent un cru d'exception.

Gregorio est le roi des râleurs. Rien ne trouve grâce à ses yeux. Valentina et sa filleule, Bianca, ont l'air un peu cabossées – surtout la petite, légèrement obsessionnelle. Doria et Edoardo forment un couple très discret. À se demander ce qu'ils ont à cacher…

Quant à Carla, allez savoir pourquoi, elle a fait vœu de silence. Mais Gloria, qui aime gentiment se mêler des affaires de ses hôtes, saura percer les mystères de chacun.

Ils sont de passage, ne se connaissent pas, mais ont décidé par hasard de poser leurs valises une semaine dans le même lieu. Ce qu'ils ignorent, c'est qu'en plus du gîte et du couvert, Villa Gloria offre également une bonne dose de magie – c'est compris dans le forfait !

lundi 24 novembre 2025

« Madeleine avant l’aube » de Sandrine Collette

 


Aux éditions de l’Épée 

Madeleine avant l’aube est un roman bouleversant, servi par une écriture remarquable.

Dans un hameau reculé, aux confins d’un monde hors du temps, Sandrine Collette plante le décor âpre et magnifique d’une communauté de paysans brisés par l’injustice. L’arrivée de Madeleine, enfant sauvage surgie de la forêt, vient bousculer l’ordre établi. Grâce à une narration parfaitement maîtrisée, l’autrice capte la rudesse de la survie, la violence sociale, mais aussi la force des liens invisibles et des révoltes souterraines.

Madeleine, personnage lumineux et indomptable, incarne cette étincelle capable de tout faire basculer.

Roman de terre, de faim et d’amour, Madeleine avant l’aube est une tragédie douce et brutale, un conte d’une beauté saisissante.

Superbe ! 

4e de couverture :

 

C’est un endroit à l’abri du temps. Ce minuscule hameau, qu’on appelle Les Montées, est un pays à lui seul pour les jumelles Ambre et Aelis, et la vieille Rose.

Ici, l’existence n’a jamais été douce. Les familles travaillent une terre avare qui appartient à d’autres, endurent en serrant les dents l’injustice. Mais c’est ainsi depuis toujours.

Jusqu’au jour où surgit Madelaine. Une fillette affamée et sauvage, sortie des forêts. Adoptée par Les Montées, Madelaine les ravit, passionnée, courageuse, si vivante. Pourtant, il reste dans ses yeux cette petite flamme pas tout à fait droite. Une petite flamme qui fera un jour brûler le monde.

Avec Madelaine avant l’aube, Sandrine Collette questionne l’ordre des choses, sonde l’instinct de révolte, et nous offre, servie par une écriture éblouissante, une ode aux liens familiaux.

mercredi 12 novembre 2025

« L’homme sous l’orage » de Gaëlle Nohant

 


Aux éditions Iconoclaste 

Hiver 1917, dans un domaine viticole du Roussillon, une nuit d’orage bouleverse le destin de trois femmes : Isaure, sa fille Rosalie et leur domestique Marthe. Lorsqu’un peintre déserteur frappe à la porte, la guerre s’invite au cœur de la demeure et vient fissurer l’ordre établi.

Avec une écriture visuelle et d’une grande sensibilité, Gaëlle Nohant tisse un roman à plusieurs voix, puissant et profondément humain. On y découvre le courage et les failles de personnages pris entre devoir, liberté et amour interdit.

Porté par une construction maîtrisée et un travail de recherche remarquable, L’homme sous l’orage explore la place des femmes à l’arrière du front, la force de l’art face à la guerre et la quête de sens dans le chaos.

Un récit captivant… 

4e de couverture :

 

Hiver 1917. Le front s'enlise, l'arrière s'épuise. Une nuit d'orage, un visiteur demande asile à Isaure, la propriétaire d'un domaine viticole. Avant le conflit, c'était un peintre talentueux reçu au château, désormais c'est un déserteur que la maîtresse de maison renvoie sèchement. Saisie de compassion, Rosalie, la fille d'Isaure, le cache au grenier. Mais avec lui, les périls s'invitent au cœur de la demeure.

Peut-on agir sur le destin ? Le fugitif, la jeune fille et la mère refusent la place qui leur a été assignée. Ils s'émancipent et se confrontent, tissant un fascinant roman de guerre, d'amour et de liberté. Pour eux comme pour nous, l'orage se lève, il faut tenter de vivre.

 

Autres livres lus de cette écrivaine :

 

. Le bureau des éclaircissements des légendes

. La femme révélée

mercredi 5 novembre 2025

« Le livre de Kells » de Sorj Chalandon

 


Un roman délicat et envoûtant, sur le pouvoir trouble des histoires que l'on se raconte. ais aussi de tension et de dérive. Avec une plume incisive, pudique et sans pathos, l’auteur nous livre un récit de survie et de construction, traversé par les idéaux de toute une génération.

Un texte d’une puissance rare, à la fois intime et politique, brut et lumineux. Un hommage bouleversant à ceux qui tendent la main quand tout s’effondre. 

4e de couverture :

 

Le Livre de Kells est le douzième roman de Sorj Chalandon a puisé dans son expérience personnelle pour raconter un épisode de sa vie.

À 17 ans, après avoir quitté le lycée, Lyon et sa famille, il arrive à Paris où il va connaître, durant presque un an, la misère, la rue, le froid, la faim.

Ayant fui un père raciste et antisémite, il remonte l’existence sur le trottoir opposé à celui de ce Minotaure sous le nom de Kells, en référence à un Evangéliaire irlandais du IXe siècle. Des hommes et des femmes engagés vont un jour lui tendre une main fraternelle pour le sortir de la rue et l’accueillir, l’aimer, l’instruire et le réconcilier avec l’humanité.

Avec eux, il découvre un engagement politique fait de solidarité, de combats armés et d’espoirs mais aussi de dérapages et d’aveuglements. Jusqu’à ce que la mort brutale de l’un de ces militants, Pierre Overney, pousse La Gauche Prolétarienne à se dissoudre. Certains ne s’en remettront jamais, d’autres chercheront une issue différente à leur combat.

Ce fut le cas pour l’auteur, qui rejoignit Libération en septembre 1973.

Le livre de Kells est une aventure personnelle, mais aussi l’histoire d’une jeunesse engagée et d’une époque violente. Sorj Chalandon a changé des patronymes, quelques faits, bousculé parfois une temporalité trop personnelle, pour en faire un roman. La vérité vraie, protégée par une fiction appropriée…

 

Autre livre lu de cet écrivain :

- L'enragé (2023)

mardi 28 octobre 2025

« La vie comme un puzzle (d’étoiles) » de Soazig Leblanc

 


Chez raconteuse d’histoires… 

Quand Romain décide de réunir toute sa famille recomposée dans un chalet des Pyrénées, il ne se doute pas que ces vacances feront voler en éclats bien des silences. Secrets, tensions, complicité, tendresse… tout y passe dans ce roman choral plein de justesse et d’humanité. Chaque personnage, avec ses failles et ses espoirs, trouve peu à peu sa place dans ce grand puzzle familial. Soazig Leblanc signe une histoire touchante, vivante, où l’on rit, l’on s’émeut, et l’on se retrouve un peu aussi.

Une agréable lecture, chaleureuse et sincère… 

4e de couverture :

 

Une idée folle traverse l'esprit de Romain : réunir tout le monde pour des vacances à la montagne pendant deux semaines ! Tout le monde, c'est six enfants devenus adultes, trois conjoints et même un bébé ! Bien que Clémence se montre peu convaincue, Romain lance les invitations, espérant que tous acceptent malgré certaines incompatibilités.
Entre rires, complicité retrouvée et chamailleries, les vacances de cette famille résonnent parfois comme une colonie de vacances. Le séjour est fort en rebondissements et peu à peu les langues se délient… Mais est-ce le bon moment ? Comment trouver les mots justes pour ne blesser personne ? Et si révélation signifiait rejet ? Avoir un secret, rester dans le mensonge, avouer est difficile. Mais la famille, c'est bien censé marquer son soutien à chacun, non ?

mercredi 22 octobre 2025

« La cuisinière des Kennedy » de Valérie Paturaud

 


Aux éditions À Vue d'Œil 

Quel destin extraordinaire que celui d’Andrée Imbert, enfant abandonnée devenue la cuisinière attitrée de la famille Kennedy.

De la Drôme aux villas américaines, son parcours force l’admiration par sa ténacité, sa passion pour la cuisine, et sa discrétion.

Valérie Paturaud signe un récit passionnant et finement documenté, mêlant grande histoire et souvenirs intimes.

Andrée devient bien plus qu’une employée : une confidente fidèle, toujours attentive à ceux qu’elle sert.

Une biographie romancée captivante, pleine d’humanité, de sensibilité… et de gourmandise.

Coup de cœur pour ce livre… 

4e de couverture :

 

Le destin extraordinaire d'une enfant trouvée qui devint, par la force de sa passion, la cuisinière des Kennedy.

1999. Dans un cimetière du Vaucluse, sur la tombe d'une certaine Andrée Imbert, une couronne de fleurs et ces mots : « To Andrée, with love and gratitude. The Kennedy Family. » Quel est donc le lien entre cette femme et l'illustre famille ?

Rien ne prédestinait la petite Andrée, pupille de la nation placée dans l'arrière-pays drômois, à côtoyer les plus grands… Pourtant, sa détermination et son don pour la cuisine guideront ses pas jusqu'aux États-Unis, où elle entre au service des Kennedy.

Au cœur de la maisonnée, Andrée prépare les gâteaux d'anniversaire, imagine le menu des dîners de gala, console les peines des petits et partage les joies de la famille la plus célèbre du XXe siècle.

L'histoire savoureuse d'une femme qui a réellement existé, ponctuée de recettes extraites de son carnet.

vendredi 26 septembre 2025

« Le gardien des souvenirs » de Sanaka Hiiragi

 


Aux éditions Nami

(Traduit du japonais par Jean-Baptiste Flamin) 

Dans un studio situé entre la vie et la mort, Hirasaka accueille les défunts pour leur offrir un ultime voyage au cœur de leurs souvenirs. Trois destins s’y croisent : une vieille dame bienveillante, un yakuza tourmenté, une enfant blessée… À chacun, il propose de revivre un instant marquant et de choisir une photographie pour accompagner leur départ.

Le gardien des souvenirs est un roman délicat, poétique, profondément humain, qui nous interroge sur le sens de nos vies, la mémoire et les traces que nous laissons.

L’écriture est douce, fluide, empreinte d’une pudeur toute japonaise.

Une lecture bouleversante et lumineuse, à la fois légère en apparence et intensément touchante. 

4e de couverture :

 

Entre notre monde et l’au-delà existe un étonnant studio photo où les défunts peuvent tourner une dernière fois les pages du livre de leur existence terrestre. À travers une collection de photos soigneusement choisies, chacun peut remonter le temps pour se remémorer les moments précieux de son passé. Paysage d’enfance, noces avec l’être aimé, portrait de famille… un voyage sur le flot de ses souvenirs, des instants les plus doux à ceux d’infortune.

Accompagnés par Hirasaka, le mystérieux propriétaire du studio, une vieille femme, un yakuza et une enfant entre la vie et la mort vont traverser cette antichambre de l’au-delà. Mais s’ils peuvent revisiter leur passé, ils ne doivent pas oublier qu’on ne peut faire dévier le cours des choses déjà écrites en toute impunité.

Entre nostalgie des choses perdues et célébration des petits bonheurs du quotidien, un roman doux-amer universel sur la place des souvenirs au moment où la vie s’éteint.

jeudi 25 septembre 2025

« L’amour et ses chimères, avant #Me Too » d’Arlette Gélabert

 


Aux éditions Assyelle 

Avec sincérité et lucidité, Arlette Gélabert revisite sa vie amoureuse à la lumière du mouvement #MeToo. Entre désirs d’absolu, liberté de jouir de son corps et aspirations à l’émancipation, elle interroge les choix des femmes de sa génération dans les années 80-90.

Un récit intime, nourri de réflexions profondes sur le consentement, les non-dits, les silences.

L’écriture est fluide, agréable, et donne à lire un témoignage à la fois personnel et universel.

Un livre qui questionne sans juger, et qui éclaire une époque avec justesse. 

4e de couverture :

 

Cela fait longtemps que je m'interroge à propos du mouvement #MeToo.

L'avalanche des affaires de viol, d'agression sexuelle, ou de comportement déplacé dont les médias sont remplis, m'a d'abord sidérée.

Comment et pourquoi toutes ces affaires semblent soudain surgir du néant et toucher toutes les strates de la société ?

Qui sont toutes ces femmes qui témoignent, portent plainte, dénoncent ?

Qui sont tous ces hommes célèbres ou anonymes, dont le comportement odieux est révélé des décennies après leurs forfaits ?

Qu'y a-t-il de véridique dans ces affaires ? Quelle est la part de mensonge, d'excessif ou, au contraire, de minimisé ?

Mais la question qui me taraude est la suivante : qu'en est-il des hommes de ma génération, ceux avec lesquels j'ai grandi, auprès desquels je suis devenue femme ?

Et qu'en est-il de mes amies, des femmes que j'ai croisées pendant mon adolescence, puis mon âge adulte ? Ont-elles subi les mêmes outrages ?

Si oui, pourquoi n'ont-elles pas parlé ? Et moi ? Ai-je aussi ma part d'ombre dans ce maelstrom d'histoires ?

Pourquoi n'étais-je pas offusquée à vingt ans par ces propos qui aujourd'hui scandalisent les jeunes filles et jeunes femmes ?

Il m'a semblé nécessaire de me replonger dans mon passé pour explorer les relations amoureuses des garçons et des filles qui avaient entre 20 et 30 ans dans les années 80-90, ceux qu'on appelle aujourd'hui les « boomers ».

Retrouver les souvenirs, ne pas les édulcorer, ne pas les travestir, chercher à comprendre, expliquer, comparer, faire surgir les non-dits, les histoires enfouies, découvrir que « moi aussi », c'est toute l'ambition de ce récit.

Bien entendu, ce récit-témoignage fait la part belle à mon vécu, à mes propres expériences, mes aspirations de jeune femme, partagée entre le désir d'un amour absolu et celui d'une émancipation enclenchée par le mouvement de mai 68. 

mercredi 17 septembre 2025

« Nous traverserons des orages » d’Anne-Laure Bondoux

 


Aux éditions Gallimard jeunesse

Une fresque familiale bouleversante, de 1914 à nos jours, où chaque génération porte les blessures des précédentes. À travers la ferme des Chaumes, pivot central, l’autrice nous plonge dans un siècle de secrets, de silences, de drames et de guerres, entremêlant avec finesse la petite et la grande Histoire. Les hommes Balaguère, qui portent des prénoms d’arbres, incarnent la violence transmise, mais aussi l’espoir, fragile, d’en finir.

Un roman puissant, magnifiquement documenté, qui interroge la transmission, la mémoire et la résilience.

À découvrir… 

4e de couverture :

 

Voici l'histoire que je dois te raconter, Saule. C'est l'histoire d'une famille, d'une maison et d'un pays. Elle commence à la veille d'une guerre planétaire, dans une ferme de hameau qu'on appelle Les Chaumes. Elle s'achèvera un siècle plus tard, au même endroit. Entre ces deux époques, tu verras vivre ici quatre générations hantées par des secrets et des fantômes. Tu verras changer les saisons, les habitudes, les lois et les gouvernements. Tu verras des hommes tomber amoureux, rêver de grandes choses, partir à la guerre et en revenir sans mot et sans gloire. Jusqu'à moi. Jusqu'à toi. 

Autre livre lu de cette autrice :

 - L'aube sera grandiose 

mercredi 2 juillet 2025

« Un arbre à soi » de Sophie Adriansen

 

Aux éditions Robert Laffont

Dans Un arbre à soi, Sophie Adriansen aborde avec finesse la charge mentale et l’épuisement silencieux des femmes. Marielle, écrasée par un quotidien où tout repose sur elle, choisit de s’échapper alors qu’elle vient de rejoindre sa famille, déjà installée depuis trois jours pour les vacances d’été. La vue des draps encore sur les meubles et de la vaisselle sale l’anéantit. Elle quitte la maison endormie et trouve refuge, tout près, dans une cabane perchée. Ce tête-à-tête avec elle-même lui offre enfin l’espace pour renouer avec ses désirs profonds, loin des attentes des autres.

À travers une plume fluide et sensible, l’autrice signe un roman d’introspection touchant et lumineux, qui invite à repenser nos limites et notre besoin d’exister pour soi.

Une lecture à la fois douce et percutante.

 4e de couverture : 

Toute mère est un orage qui menace d'éclater.

Marielle a roulé toute la nuit pour rejoindre sa famille partie en vacances avant elle. Mais au petit matin, elle est accueillie par une maison endormie, où seuls la vaisselle sale et le linge qui traîne semblent attendre son arrivée. Le quotidien, qui peu à peu l'étouffe, l'a suivie jusqu'ici. Alors, à bout de souffle, Marielle repart. À quelques mètres de là, un jardin abandonné, une forêt de pins et de chênes, une cabane perchée dans un arbre… Marielle s'autorise à prendre congé des siens pour enfin passer du temps seule avec elle-même. Et si, tout en les observant à distance, elle parvenait à renouer avec sa part la plus intime ?

dimanche 29 juin 2025

« C’est l’histoire d’un amour » d’Isabelle Lagarrigue

 


Aux éditions Récamier 

Réveillon 1993, Charlie rencontre Côme. Ils ont 14 ans lorsqu’ils tombent amoureux, un lien pur et inoubliable, né sous le signe des retrouvailles entre leurs mères.

Chaque 31 décembre, ils se retrouvent, jusqu’au départ brutal de Charlie pour les États-Unis, creusant un fossé encore plus grand. À l’époque, il n’y avait pas de portables pour rester en contact et les appels fixes étaient très coûteux.

Au fil des années, la distance et les silences tissent leur histoire, ravivent les émois de l’adolescence et questionnent les choix qui façonnent une vie.

Isabelle Lagarrigue signe un récit vibrant, construit comme un puzzle, d’une grande justesse.

Un roman à la fois doux, nostalgique et profondément humain. 

4e de couverture :

 

Chacun de nos choix est un pari sur l'inconnu.

Réveillon 1993. Charlie rencontre Côme. Elle vit à Paris et danse pour oublier sa mère défaillante. Il grandit en Bretagne et regarde des films pour se rapprocher de son père absent. Ils ont 14 ans et la vie devant eux. Le lien qu'ils tissent ce soir-là est de ceux dont on ne se défait jamais vraiment… et pourtant.

Des années plus tard, des événements les incitent à replonger dans leurs souvenirs. Chaque choix est déterminant. Charlie et Côme ont-ils fait les bons ? Et nous, qu'aurions-nous fait à leur place ?

À travers plusieurs époques, Isabelle Lagarrigue nous conte l'histoire d'un amour hors du commun. Un roman bouleversant sur le tourbillon de la vie et les choix qui nous façonnent.

Isabelle Lagarrigue confirme son talent pour écrire des histoires singulières qui résonnent en chacun de nous. Après avoir travaillé dans la communication pendant dix-sept ans, elle se consacre à l'écriture depuis 2019. Elle a publié cinq romans, dont C'était un accident, qui a conquis plus de 15 000 lecteurs, Nos racines invisibles et Promis, juré. 

mardi 17 juin 2025

« Les choses qu’on dit » de Mathou

 


Aux éditions Robert Laffont 

Léa, la quarantaine, mène une vie bien ordonnée entre son compagnon, leurs enfants et son activité autour de l’origami. Mais un secret de famille, révélé par son père, fait voler en éclats ses certitudes et ravive les blessures du passé. Elle devra revisiter son histoire, ses silences, et apprendre à se reconstruire.

Un roman sur les non-dits, les liens familiaux et la puissance des mots.

Avec une écriture sensible, fluide et bienveillante, l’autrice signe un premier roman de qualité.

Un livre qui se lit comme on ouvrirait une boîte à souvenirs, avec douceur et émotion. 

4e de couverture :

 

Léa pensait avoir des parents comme tout le monde.

Mais chaque famille cache un secret, et celui aujourd'hui révélé lui fait l'effet d'une explosion.

La vie de Léa bascule le jour où son père lui révèle le secret de son enfance. La colère qui monte va bien au-delà de ce qu'elle attendait. À un moment décisif de sa vie, Léa va devoir trouver les mots pour se sauver elle-même. Et si parler à nos parents était une question de survie, que leur dirions-nous ?