vendredi 24 octobre 2014

L’énergie est grande





On raconte que dans des temps très anciens, l’énergie avait quitté les hommes. Ils avaient beau cherché au plus profond d’eux, seul un puits sans fond les aspirait, les fatigant davantage. Bai décida de rechercher cette énergie sans laquelle plus personne ne pouvait poursuivre sa route. Bai était une belle jeune femme et elle portait en elle la sagesse qui manquait à tous. Elle revêtit une magnifique robe rouge et partit avec pour uniques bagages une boîte, un porte-plume et de l’encre noire. Elle marcha longtemps, traversant des forêts, escaladant des montagnes, enjambant des rivières, prenant de temps en temps un peu de repos dans des clairières lumineuses. À chaque obstacle, Bai, obligée de redoubler d’efforts, saisissait sa boîte et y déposait l’énergie supplémentaire qui émanait d’elle, ce qui la contraignait à se reposer plus longtemps pour reprendre des forces. Pour ne pas perdre la notion du temps, elle était attentive au cycle de la lune et traçait sur sa magnifique robe rouge, à l’aide de la plume et de l’encre, des symboles dont elle seule détenait le secret. Lorsqu’il n’y eut plus de place sur sa robe, elle décida de rentrer.
Beaucoup n’avaient pas survécu à sa longue absence, mais d’autres avaient résisté, des enfants étaient même nés. Elle ouvrit alors la boîte d’où s’échappa une incroyable énergie. Chacun la remercia tandis que, doucement, Bai fermait les yeux…

 Texte © Marie-Laure Bigand

Texte écrit d'après le tableau Cycle, l'énergie est grande, réalisé par l'artiste peintre Karine Boitrel Taoki (son site) dans le cadre de l'exposition Arts Migrateurs (organisée par l'association Mots Migrateurs) qui a lieu du lundi 20 octobre au 1er novembre 2014 au centre commercial des Trois Fontaines à Cergy (95). 



mercredi 22 octobre 2014

Sur les toits



 


Le funambule marche sur les toits.
Aujourd’hui, aucune corde sous ses pieds agiles,
Seule la chaleur des tuiles réchauffe son cœur attristé.
En équilibre sur sa vie, il domine le monde.
Celle qu’il aimait est partie, emportée par un mal incurable.
Alors, lui aussi veut mourir.
D’ici, la vue est magnifique.
Il pense à tout ce qu’il pourrait accomplir
– Pour Elle –
Des larmes coulent le long de ses joues
Jusqu’à former un long filet,
Et ouvrir un nouveau chemin.
Le funambule reprend sa marche,
Son regard fixe l’horizon.
Il sait désormais qu’Elle sera toujours à ses côtés… 

 Texte © Marie-Laure Bigand


Texte écrit d'après le tableau Lignes de toits - Plongée, réalisé par l'artiste peintre Anne-Christine Weelinstein (son site) dans le cadre de l'exposition Arts Migrateurs (organisée par l'association Mots Migrateurs) qui a lieu du lundi 20 octobre au 1er novembre 2014 au centre commercial des Trois Fontaines à Cergy (95).

dimanche 19 octobre 2014

Arts migrateurs 2014




 Du lundi 20 octobre au 1er novembre 2014 aura lieu, pour la quatrième fois, une exposition d’art contemporain au centre commercial des 3 Fontaines à Cergy (95), organisée par l’association Mots Migrateurs.

Six artistes ont exprimé leur art sur des kakemonos géants… Il suffit simplement de lever les yeux et d’admirer les douze œuvres d’art réalisées par :
 
- Gérard Besset – Visiter son site
- Karine Boitrel – Visiter son site.
- Véronique Coen – Visiter son site.
- Annie Gaveriaux – Visiter son site.
- Anne-Christine Wellenstein- Visiter son site.
- Hubert Jappelle – Théâtre de l’Usine, compagnie Hubert Jappelle. 

Les auteurs des Mots Migrateurs ont été invités à écrire sur le travail des artistes, en correspondance avec les œuvres.

À découvrir pour le plaisir des yeux et des mots…

samedi 18 octobre 2014

Au plus près de toi…





Si tu n’existais pas
Je t’inventerais
En traçant les contours de ton âme
Pour qu’elle prenne corps.
Je fermerais les yeux
Pour être au plus près de toi.
J’unirais mon souffle au tien
Afin de faire, de chaque instant,
De chaque jour qui passe,
Une réalité.
Nos mains uniraient nos cœurs
Dans une tendresse infinie,
Et nos corps s’abreuveraient de notre amour.
Si tu n’existais pas…

Texte © Marie-Laure Bigand