mercredi 29 mars 2017

Des carpes et des muets d’Edith Masson






Par une chaude journée d’été, des os humains sont retrouvés dans un canal qui doit être nettoyé. Ils ont été mis dans un sac plastique récemment acquis par l’épicière du village.
De cette découverte, affichée au nez de tous les habitants, va rejaillir des histoires anciennes que personne n’avait envie de voir revenir à la surface.

Un récit très prenant et superbement écrit.
L’écriture, très imagée de l’auteur, projette le lecteur dans ce village, jusqu’à ressentir le moindre frémissement…

« Il aurait voulu s’étendre là, sous cet arbre, renverser la tête et plonger son regard dans le subtil étagement des verts. »

« Il s’était mis à rêver d’une vie simple, faite de moments ordinaires cousus ensemble, où le temps glisserait sans heurt. »


4e de couverture :

Un village ordinaire. Jusqu’à ce matin où de paisibles villageois découvrent, noué à l’échelle d’un canal, un sac rempli d’ossements humains : à qui appartiennent-ils ? Qui a voulu cette mise en scène ? Pourquoi ?
Au comptoir, devant le Picon bière, on raisonne, on soupçonne, toutes les générations s’en mêlent. Les souvenirs remontent, des histoires d’amours honteuses, des jalousies de bastringue.
On se souvient d’un soldat allemand qui s’est attardé après la guerre, d’une jeune fille tôt enterrée, d’une noyade suspecte, d’une disparition mystérieuse, on décortique les généalogies familiales : tout fait indice. Désirs de meurtre, culpabilités tenaces, frustrations sexuelles, pulsions suicidaires remontent à la surface. Le maire fait de son mieux pour sauvegarder la tranquillité collective, mais les médias s’emballent, et avec eux une parole qui surgit là où, jusqu’alors, on tenait silence.
Un polar ? Certainement. Et aussi l’agitation des consciences et des mémoires chauffées à blanc par un mystère où chacun cherche des repères, des formes connues, à défaut peut-être d’une vérité.
Vingt-quatre heures de la vie d’un village, son histoire, sa culture, ses personnages, vingt-quatre heures à ressasser l’incompréhensible, à invoquer les morts et le passé, une journée et une nuit d’efforts afin d’établir une vérité où l’événement – domestiqué – pourra enfin trouver sa place, permettant aux choses de recouvrer leur logique et aux jours de reprendre leur cours ordinaire… jusqu’à la prochaine fois.

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