dimanche 8 novembre 2015

Veuf de Jean-Louis Fournier






Jean-Louis Fournier raconte l’absence de son épouse, décédée après 40 ans de vie commune.
Par petites touches, il parle du manque, avec pudeur, tendresse, et humour aussi.

Lorsque le compagnon de presque toute une vie n’est plus là, il reste les souvenirs et l’absence, si douloureuse, qu’il faut tenter d’apprivoiser pour continuer son chemin.

Un livre très sensible…

« Au début, après la mort subite de Sylvie, j’ai comparé mon drame à un tsunami. Quand j’y pense, je suis rétrospectivement un peu gêné, j’espère que je n’ai pas porté la poisse aux Japonais. Maintenant, je n’oserais plus faire la comparaison. Mon tsunami à moi n’a fait qu’un veuf, je pense aux milliers de veufs japonais.
Je ne dirais pas que le malheur des uns fait le bonheur des autres. Mais entre malheureux, j’ai l’impression qu’on a plus de choses à se dire. L’homme heureux devient un étranger. »


4e de couverture :

« Je suis veuf, Sylvie est morte le 12 novembre, c’est bien triste, cette année on n’ira pas faire les soldes ensemble. Elle est partie discrètement sur la pointe des pieds, en faisant un entrechat et le bruit que fait le bonheur en partant. Sylvie m’a quitté, mais pas pour un autre. Elle est tombée délicatement avec les feuilles. On discutait de la couleur du bec d’un oiseau qui traversait la rivière. On n’était pas d’accord, je lui ai dit tu ne peux pas le voir, tu n’as pas tes lunettes, elle ne voulait pas les mettre par coquetterie, elle m’a répondu je vois très bien de loin, et elle s’est tue, définitivement.  J’ai eu beaucoup de chance de la rencontrer, elle m’a porté à bout de bras, toujours avec le sourire. C’était la rencontre entre une optimiste et un pessimiste, une altruiste et un égoïste. On était complémentaires, j’avais les défauts, elle avait les qualités. Elle m’a supporté quarante ans avec le sourire, moi que je ne souhaite à personne. Elle n’aimait pas parler d’elle, encore moins qu’on en dise du bien. Je vais en profiter, maintenant qu’elle est partie. »

Jean-Louis Fournier souhaitait mourir le premier, il a perdu. Sa femme partie, il n’a plus personne avec qui parler de lui. Alors pour se consoler, ou pour se venger, en nous parlant d’elle, il nous parle de lui.

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