lundi 11 mai 2026

« Mon grand frère et moi » - Film de Rvôta Nakano

 


Le cinéma japonais possède cet art rare d’explorer les failles humaines avec une infinie subtilité. Ce film en est une très belle illustration.

Riko se retrouve chargée des funérailles de son frère avec lequel elle était fâchée. Alors qu’elle se montre presque indifférente à sa disparition, elle va peu à peu le découvrir vraiment. Au fil des souvenirs, des silences et de petites révélations, un homme se recompose, différent selon celui qui se souvient. C’est là toute la force du film : le disparu n’est jamais vraiment absent.

Le jeu des acteurs, d’une justesse remarquable, porte cette délicatesse sans jamais forcer l’émotion. Le récit mêle tendresse et humour discret, avance avec pudeur, sans jamais tomber dans le pathos.

Un film qui laisse une empreinte — par sa douceur, et par tout ce qu’il dit, sans le dire, de ceux qu’on perd et de ceux qu’on croyait connaître. 

Synopsis :

Entre Riko et son frère aîné, rien n’a jamais été simple. Même après sa mort, il continue de lui compliquer la vie : une pile de factures, des souvenirs embarrassants… et un fils ! Aux côtés de son ex-belle-sœur, elle traverse ce capharnaüm entre fous rires et confidences, et redécouvre peu à peu un frère plus proche qu’elle ne l’aurait cru.

jeudi 30 avril 2026

« Vivaldi et moi » - Film de Damiano Michieletto

 


En ressortant de la salle, on garde de belles images en tête, comme celle de ces jeunes filles tout de rouge vêtues, embarquant sur des gondoles. Il y a dans cette scène quelque chose d’à la fois beau et resserré : la grâce, et, en dessous, la contrainte.

Damiano Michieletto nous plonge dans la Venise du xviiie siècle, au cœur de l’Ospedale della Pietà, où vivent des orphelines vouées à la musique. Que ce soient lors des répétitions ou des concerts, le spectateur est happé par la densité qui s’en dégage.

Au centre, Cécilia, violoniste talentueuse, qui écrit en cachette à une mère qu’elle n’a jamais connue. C’est là que le film touche profondément : dans cette solitude intime et silencieuse, qui dit tout d’une époque où la liberté semblait hors de portée.

Entre Cécilia et Vivaldi se tisse une relation tout en pudeur et finesse.

La mise en scène, portée par une photographie à la bougie et des décors somptueux, renforce cette atmosphère hors du temps.

Une belle fresque intime et émouvante… 

Synopsis :

Au début du XVIIIᵉ siècle, l’Ospedale della Pietà à Venise recueille et forme de jeunes orphelines à la musique. Dissimulées au public, souvent masquées ou derrière une grille, l’orchestre de jeunes filles se produit pour les riches mécènes de l'institution. Cécilia, 20 ans, y excelle en tant que violoniste. Jusqu'au jour où l'arrivée d’un nouveau maître de musique, Antonio Vivaldi, vient bousculer sa vie et celle de l’Ospedale. 

mercredi 29 avril 2026

« Je suis Romane Monnier » de Delphine de Vigan

 


Aux éditions Gallimard 

Depuis le départ de sa fille Léo, Thomas trouve sa vie terne et sans relief. Jusqu’au matin où il se réveille avec un téléphone qui n’est pas le sien. Lorsqu’il parvient à joindre sa propriétaire, il récupère bien le sien, mais Romane, elle, refuse de reprendre le portable qu’elle lui a laissé.

Commence alors pour Thomas une étrange plongée dans l’existence d’une inconnue, à travers les messages, notes, photos et applications de son téléphone.

Le sujet est passionnant et soulève des questions très actuelles sur nos vies numériques, nos solitudes et nos failles. J’ai toutefois ressenti par moments une certaine répétition dans cette exploration, qui finit par créer un léger essoufflement.

Cela reste néanmoins un très bon roman, porté par une autrice que j’apprécie beaucoup. 

4e de couverture :

 « Les gens ne comprennent pas. Ils pensent que j'exagère. Mais en fait, je cherche quelque chose qui a disparu. Quelque chose de pur, de limpide… qui n'existe plus. » Qui est Romane Monnier ? D'elle, il ne reste qu'un téléphone portable. Des notes, des messages, des souvenirs, des enregistrements, autant de traces confiées à un inconnu, un samedi soir dans un bar.

Mes autres articles des livres lus de cette autrice :

. D'après une histoire vraie (2022)

. Les loyautés (2021)

. Rien ne s'oppose à la nuit (2011)

. Les heures souterraines (2029)

mardi 21 avril 2026

Café littéraire à Pénestin (44)

 

Au plaisir de vous rencontrer ce vendredi 24 avril à la médiathèque de Pénestin, 

de 16 heures à 18 h 30.

Je serai en compagnie d’Arlette Gelabert et de Jean-Benjamin Jouteur.

Chacun de nous évoquera son univers et répondra à vos questions.

📖Un beau moment d’échange en perspective !

jeudi 16 avril 2026

Salon du livre de Préfailles (44)

 


📅 samedi 18 & dimanche 19 avril
🕙 De 10 heures à 18 h 30
📍 Espace culturel – Rue du docteur Guépin – Préfailles (44)

Au plaisir de vous rencontrer 😊

samedi 11 avril 2026

« Nous qui avons connu Solange » de Marie Vareille

 


Aux éditions Flammarion

Je lis Marie Vareille depuis ses débuts, et à chaque roman, c’est la même chose : je suis emportée. Elle a ce don rare de nous entraîner dans un flot d’émotions sans nous laisser le temps de résister.

Ici, elle convoque quatre générations de femmes – Marguerite, Célestine, Solange, Jeanne… jusqu’à Manon – et tisse entre elles une histoire de transmission, de secrets et de courage. La construction est impeccable : chaque personnage mène à un autre, chaque destin en éclaire un autre, et l’on tourne les pages sans pouvoir s’arrêter.

Ce que j’ai aimé par-dessus tout ? Impossible de choisir une héroïne. Je les ai toutes aimées, chacune pour ce qu’elle porte, chacune pour ce qu’elle nous révèle des autres. C’est là toute la force de ce roman : on ne quitte vraiment aucune d’elles.

Un livre addictif, construit avec finesse, qui rend un bel hommage à ces femmes qui ont ouvert la voie.

À lire absolument. 

4e de couverture :

 

"Le jour où je suis devenue une meurtrière, j'ai cessé d'aimer les mirabelles." Sarégnac, Corrèze. Célestine grandit dans la ferme familiale, bien décidée à réussir ses études pour échapper à la vie de labeur qui l'attend aux champs. Cadiran, Gironde. Solange est internée dans une école de préservation pour jeunes filles où sont envoyées des adolescentes jugées "déviantes". Quel secret lie ces deux jeunes femmes ? Pourquoi Solange déteste-t-elle tant Célestine ? Et comment cette dernière a-t-elle pu commettre l'irréparable ? De la France de nos grands-parents jusqu'à nos jours, cette intrigue poignante ménage autant de suspense que de rebondissements. À travers les destinées de quatre générations de femmes puissantes, Marie Vareille retrace l'extraordinaire évolution de notre monde depuis un siècle et nous rappelle ce que nous devons tous à la persévérance et au courage de nos aînées.

 

Mes autres articles des livres lus de cette autrice :

 

. La dernière allumette (2024)

. Les désenchantées (2022)

. Ainsi gèlent les bulles de savon (2021)

. Le syndrome du spaghetti (2020)

. La vie rêvée des chaussettes orphelines (2019)

. Là où tu iras j'irai (2018)

. Je peux très bien me passer de toi (2015)

mercredi 8 avril 2026

« Plus fort que moi » - Film de Kirk Jones

 


Plus fort que moi, de Kirk Jones, est un film d’une intensité émotionnelle rare, qui touche du début à la fin. Malgré un sujet délicat, il parvient à nous emporter sans jamais nous lâcher. On suit le parcourt bouleversant de John Davidson qui, à l’âge de 14 ans, alors qu’un avenir prometteur s’ouvrait devant lui, se retrouve prisonnier de symptômes qu’il ne comprend pas – pas plus que son entourage. Le syndrome de Gilles de la Tourette est alors encore largement méconnu.

Et pourtant, grâce à des rencontres lumineuses, portées par des personnes d’une profonde humanité, John va peu à peu trouver sa place.

Si ces rencontres lui offrent une chance, c’est sa détermination et son courage qui lui permettent d’avancer.

Un film profondément humain, à voir absolument. 

 

Synopsis :

Dans les années 1980, John Davidson grandit avec le syndrome de Gilles de la Tourette, une pathologie encore largement méconnue. Entre incompréhension, stigmatisation et détermination, son parcours d’abord semé d'embûches se transforme en combat pour être reconnu tel qu’il est, au-delà des préjugés.

samedi 28 mars 2026

« Mes enfants sont partis » de Julie Bonnie

 


Aux éditions Grasset

Quand ses deux enfants quittent le nid la même semaine, Julie vacille : le vide, la ménopause, l’impression que tout s’arrête. Et si c’était le début d’autre chose ? Avec une écriture alerte et sensible, l’autrice mêle confidences, fiction et réflexions sur la place des femmes après 50 ans. Elle interroge avec justesse ce que la société attend d’elles — et ce qu’elles peuvent encore attendre de la vie.

Un roman vif, touchant et plein d’humour sur un moment de bascule que vivent tant de femmes.

Un récit à la fois lucide, tendre et libérateur. 

4e de couverture :

 

Lorsque mes deux enfants m’annoncent qu’ils quittent la maison la même semaine de septembre, la folie s’empare de moi. De façon compulsive, je me mets à remplir des sacs de ce que je crois nécessaire à leur survie, je me réveille la nuit, inquiète à l’idée que mon fils pourrait ne pas avoir de paillasson… Eux sans moi, moi sans eux : cela me paraît impossible. Mais de quoi ai-je vraiment peur ? Du vide, de l’abandon, de ce mot sinistre de ménopause ?

C’est l’histoire d’un choc, d’une panique. C’est l’histoire d’une femme qui a essayé de tout concilier, envers et contre tout. Une vie d’artiste, avec ses joies et ses peines, une vie de mère. Et surtout, une vie qui ne se termine pas ici, paraît-il.

C’est mon histoire.