Le Mage du Kremlin,
d’Olivier Assayas, est une fresque ample et fascinante qui traverse près de
trente ans d’histoire russe, de la chute de l’URSS à l’affirmation d’un pouvoir
autoritaire.
Le film
suit l’ascension de Vadim Baranov, conseiller de l’ombre, stratège des images
et des discours, figure centrale d’un système où la manipulation devient un
art.
Plus
qu’un portrait de Vladimir Poutine — interprété par Jude Law —, le récit
s’attache à ceux qui façonnent le pouvoir en coulisses.
Paul
Dano est remarquable de précision et de froideur contenue dans un rôle
complexe, tandis qu’Alicia Vikander apporte une respiration sensible, presque
hors du système.
La mise
en scène d’Assayas, rigoureuse et sombre, capte les lieux, les silences et les
stratégies avec une rare acuité.
Entre
fiction et réalité, le film brouille volontairement les frontières, laissant le
spectateur face à ses propres questionnements.
Dense,
captivant, parfois glaçant, Le Mage du Kremlin éclaire les mécanismes du pouvoir
moderne.
Une œuvre exigeante et passionnante, qui résonne fortement avec notre actualité.
Synopsis :
Russie, dans les années 1990. L’URSS s’effondre. Dans le tumulte d’un pays en reconstruction, un jeune homme à l’intelligence redoutable, Vadim Baranov, trace sa voie. D’abord artiste puis producteur de télé-réalité, il devient le conseiller officieux d’un ancien agent du KGB promis à un pouvoir absolu, le futur « Tsar » Vladimir Poutine.
Plongé au cœur du système, Baranov devient un rouage central de la
nouvelle Russie, façonnant les discours, les images, les perceptions. Mais une
présence échappe à son contrôle : Ksenia, femme libre et insaisissable,
incarne une échappée possible, loin des logiques d’influence et de domination.
Quinze ans plus tard, après s’être retiré dans le silence, Baranov accepte de parler. Ce qu’il révèle alors brouille les frontières entre réalité et fiction, conviction et stratégie. Le Mage du Kremlin est une plongée dans les arcanes du pouvoir, un récit où chaque mot dissimule une faille.







