dimanche 6 mai 2012

Un vol de liberté...



Ce matin-là j’étais partie sans penser à rien de particulier. Il ne faisait ni beau, ni mauvais ; des nuages cachaient le soleil et il était difficile de savoir ce que serait cette journée. La météo avait été imprécise et je décidai que la douceur de l’air suffirait à me rendre heureuse.
Dans ma tête je fredonnais : « en mai fais ce qu’il te plaît … ». J’aimais voir les journées s’étaler de plus en plus dans la langueur du soir. Le temps me semblait plus long, loin des journées hivernales où la lumière disparaissait si vite.
Aujourd’hui serait formidable, c’était ma décision ! Aussi, ne m’étonnais-je pas lorsqu’apparurent, soudain devant moi, deux magnifiques chevaux ailés. Ils avaient atterri en douceur, avec la même aisance que celle des oiseaux. S’ils s’étaient mis à parler, là, probablement que j’aurais douté de leur réalité ; mais ils me fixaient simplement de leurs yeux pleins de tendresse et je sus que je devais grimper sur le dos de l’un d’entre eux. Je choisis le blanc, plus petit et plus simple à chevaucher.
Je crois que nous avons fait le tour de la Terre. Je m’émerveillais de tant de beauté, et j’aurais aimé que chaque individu soit à ma place pour se rendre compte du trésor que nos pieds foulent à chaque instant ; cette nature qui n’en finit jamais de se régénérer, malgré les désastres régulièrement subis – même dans les paysages de désolation la vie reprenait toujours ses droits. C’était fabuleux !
J’aurais été partante pour un deuxième tour, une infinité de tours même…Quel que soit le temps que dura ce voyage, il me parut bien trop court.
Aujourd’hui j’arriverais très en retard à mon travail, qu’importe ! Il m’avait fallu reprendre les transports en commun dans l’autre sens car j’avais raté mon arrêt.
Je n’avais pourtant pas eu le sentiment de m’être endormie.
Dès que je quittai la gare, j’aperçus une grande affiche publicitaire sur laquelle deux magnifiques chevaux aux ailes transparentes invitaient à un prochain spectacle.
En passant devant l’affiche j’aurais juré que le cheval blanc, le plus petit des deux, m’adressait un clin d’œil…

Texte © Marie-Laure Bigand

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