lundi 20 décembre 2010

Fausse légèreté


Je regarde les flocons qui tombent comme une poudre magique et qui se posent en silence.
Peu à peu ils décolorent le paysage dans un blanc laiteux et alourdissent les branches d’arbres dans une fausse légèreté.
J’ai froid soudain… Je retiens mes pas et me berce de l’illusion d’entendre les tiens. Mais la terre reste vierge de toutes traces et ce sont mes pas qui s’agrippent au sol gelé.
Les flocons ressemblent à des petites étoiles qui ne demandent qu’à étinceler sous la caresse du soleil.
J’ai si souvent espéré ton regard vers moi, plein d’admiration ; j’ai si souvent rêvé que mes mots t’atteignaient, en vain. Je n’ai pas su toucher ton cœur…
La neige cache les blessures et embellit tout ce qu’elle couvre. Elle est une toile en équilibre et se tisse au fil des heures en un mur cristallin.
La douleur de te sentir si loin de moi se fond dans ce paysage. Je pleure des larmes blanches pour que personne ne les remarque.
Un engourdissement passager semble avoir pris possession de la nature, qui se laisse faire et hiberne avec un plaisir évident.
Je ne t’attends plus…
Le printemps reviendra…

Texte © Marie-Laure Bigand

7 commentaires:

joe ailes a dit…

tu n'as pas su toucher son coeur, c'est parceque le sien était trop glacé pour pouvoir fondre devant une aussi charmante femme que toi! c'est lui qui n'a pas su, pas toi!

bisous!

Jerry OX a dit…

Un coeur glacé mais qui se réchauffera vite une fois les beaux jours revenus ! bravo Marie Laure !

Marie-Laure a dit…

Merci Joëlle, ce sont des petits textes que m'inspire la vie en général et mon imagination fait le reste ;-))
Merci Jerry et bonnes fêtes :-)

Anonyme a dit…

Mais qui est donc cette femme si seule eu fond de ton imagination, Marie-Laure?
Joyeuse hibernation, prélude à la fécondation.

Marie-Laure Bigand a dit…

@ Anonyme, probablement celle qui me permet d'écrire :-)

Anonyme a dit…

C'est tellement beau Marie-Laure...
Merci
Biz

Ressentir la lumière au toucher
Aimer d’un geste de parfum
Photographier la nuit en silence
Caresser d’un océan de saveurs
Boire le temps par les yeux
Dénuder d’un regard désiré
Arrêter le bleu du ciel
Peindre mot à mot
Elle...

VG

Marie-Laure a dit…

C'est moi qui te remercie Philippe pour ton beau poème :-)