jeudi 2 septembre 2010

Le voyage en Argentique

de Christine Spadaccini aux éditions Laura Mare

Christine Spadaccini c’est d’abord une écriture. Chaque mot est bien pensé et rien n’est laissé au hasard dans ce voyage délicat où l’auteur tente désespérément de raccrocher sa grand-mère aux souvenirs qui s’échappent d’elle comme les volutes d’une cigarette… Un combat presque vain, mais pas tout à fait car Christine nous captive par la force qu’elle déploie à tenter le tout pour le tout… Avec elle on parcourt des bribes de sa vie, en commençant par son enfance, et ceux qui faisaient partie de son quotidien. Et au milieu de tout cela il y a des clichés, un voyage d’images qui se mêlent habilement au voyage des mots.

Ce livre est le troisième roman de Christine Spadaccini et encore une fois j’ai été emportée par son univers si délicat, si poétique, si vrai…

Un livre tout en émotion où l’on retient son souffle pour ne pas sombrer trop vite dans le néant qui emporte cette grand-mère, qui un jour a été une personne à part entière.

4ème de couverture

« Y a-t-il chose plus terrible que de voir s’effriter la vie d’un être cher ? Quoi de plus monstrueux que de le voir plonger, jour après jour, dans l’oubli de soi, l’oubli des siens, l’oubli de tout, à la merci de cet ennemi aussi insaisissable qu’implacable : Alzheimer…

Les souvenirs de M’amie s’envolent les uns après les autres. Désespérée, sa petite-fille cherche un moyen de les retenir. Peut-être la clef de cette mémoire prisonnière se trouve-t-elle dans les vieilles photos jaunies que sa grand-mère a éparpillées aux quatre coins de la maison familiale ? Oui, peut-être que de la trame usée de ces clichés, témoins du temps passé, on peut encore tirer et renouer le fil de cette vie qui s’enfuit ! En entreprenant cette drôle de quête pour tenter de garder sa grand-mère auprès d’elle, la narratrice va construire un puzzle de mots et d’images aux couleurs tristes et tendres où les souvenirs enchantés de son enfance semblent remonter au fur et à mesure que ceux de la vieille dame s’effacent inexorablement, comme dans un douloureux effet de vases communicants. Le rappel des beaux instants d’amour partagés saura-t-il adoucir la cruauté des épreuves quotidiennes liées à cette affection ? Avec pudeur et réalisme, l’auteur nous emporte dans le récit de ce combat inégal entre la maladie et la vie. Un sujet délicat traité avec prouesse et élégance."

5 commentaires:

Kiki a dit…

Merci, Marie-Laure, de cette très belle escale chez toi! Bisous, K

Florence D. a dit…

Je viens de lire ce si joli livre. Tout à fait d'accord avec toi Marie-Laure : Tout y est délicat, poétique, touchant, d'une grande finesse.
J'ai aimé la façon dont Christine Spadaccini jongle avec les mots. Ainsi, on se prend souvent à sourire, bien que l'histoire ne s'y prête guère... On ne larmoie pas inutilement devant le naturel de la situation et son inéluctabilité.
Bravo pour les photos qui accompagnent ces jolis mots !

Marie-Laure a dit…

Si Christine passe par là, elle sera ravie de lire ton commentaire :-)

Christine Spadaccini a dit…

Je suis passée et je repars ravie en effet! Merci de cette belle lecture, Florence, et de vos sourires. Et encore merci à toi, Marie-laure!

Marie-Laure a dit…

:-)